À la différence de
l'éducation, projet global qui a pour objet le développement
de l'intelligence mais aussi la transmission d'usages sociaux,
l'enseignement a une visée précise et limitée : il se propose
de transmettre des connaissances ou des savoir-faire plus ou
moins spécialisés. Cependant, pris dans son acception globale,
l'enseignement tel qu'il est prodigué dans le cadre des
institutions pédagogiques, écoles, universités, outre à
transmettre le savoir, vise à former le jugement, la
sensibilité, à donner le goût des pratiques intellectuelles et
manuelles. C'est ainsi que, dans sa finalité dernière,
l'enseignement rejoint l'éducation en la fondant sur des
savoirs et des pratiques.
Systèmes mis en place par les sociétés et visant à la
transmission des connaissances.
Histoire
Il y a enseignement dès que les hommes vivent en société. Dans
les peuplades de culture orale, les enfants et les adolescents
sont initiés aux pratiques indispensables à la vie en groupe :
chasse, pêche, poterie, guérison par les plantes. C'est
cependant le passage à l'écriture qui permet le développement
d'un enseignement organisé. Dans les civilisations anciennes,
l'enseignement est réservé à une caste privilégiée et est
souvent l'apanage du clergé. En Égypte, les architectes, les
scribes constituent une élite et s'ordonnent en généalogies.
Ce fait a longtemps caractérisé des pays comme la Chine
(mandarins), ou caractérise toujours l'Inde (caste des
brahmanes).
L'Europe a hérité de la culture gréco-latine l'importance
donnée à la parole et à l'éloquence, nécessaires aux
assemblées et dans les tribunaux, qui exigent un enseignement
à base de grammaire, de rhétorique et de philosophie. Les
universités du Moyen Âge incluent, dans ce que l'on désigne
sous le terme d'" arts libéraux ", outre les disciplines
indiquées plus haut, l'arithmétique, la musique, la géométrie
et l'astronomie.
Aperçu historique de l'enseignement en France
Les universités au Moyen Âge
Les premières universités sont créées au début du XIIIe
siècle, à partir des écoles monastiques regroupées dans le
quartier Latin à Paris ; elles imposent leur autonomie
vis-à-vis du pouvoir épiscopal avec, tour à tour, l'appui du
pape et du roi. L'Université est un corps à la fois
ecclésiastique et laïque : les étudiants et les maîtres sont
de foi catholique, et l'organisation de l'enseignement réserve
une place aux messes et aux prières. À partir de 1222, il
existe à Paris quatre facultés : des arts, de théologie, de
droit et de médecine. La faculté des arts dispense un
enseignement à la fois secondaire et supérieur, et accueille
des adolescents qui ont reçu une éducation élémentaire
(lecture, écriture, grammaire latine) auprès de précepteurs ou
dans des écoles ecclésiastiques. Elle délivre trois grades :
la déterminance, qui deviendra le baccalauréat (sous forme de
dispute, entre quatorze et seize ans) ; la licence (à partir
de vingt-et-un ans, après six ans d'enseignement, sous forme
de dispute également) ; et la maîtrise ès arts ou doctorat
(peu de temps après la licence, sous forme d'une
intronisation). Le nouveau maître peut alors accéder aux
facultés supérieures de théologie, de droit et de médecine,
qui délivrent les mêmes grades (baccalauréat, licence,
doctorat). Les examens organisés sur le principe de la
dispute, c'est-à-dire sur l'art rhétorique d'argumenter et de
réfuter, correspondent à la culture scolastique. Une telle
culture empêchera les universités de participer à la
révolution scientifique qui s'amorce au XVIe siècle.
Le monopole napoléonien
À partir de 1802, une série de mesures aboutit à la
constitution d'un monopole qui place toutes les institutions
scolaires sous l'autorité de Bonaparte. La loi du 1er mai 1802
distingue quatre types d'établissements : les écoles
primaires, ni gratuites ni obligatoires ; les écoles
secondaires, ou collèges, ouvertes par les communes ou par des
particuliers ; les lycées, pris en charge par l'État mais
également payants (il existe des bourses pour les meilleurs
élèves ou les fils de fonctionnaires et de militaires) ; et
les " écoles spéciales ". Les lycées accueillent les élèves
sachant lire et écrire à partir de neuf ans ; les études
s'étendent sur cinq à six ans ; le latin domine, mais les
mathématiques et les sciences se voient réserver une place.
Parmi les écoles spéciales, seules les écoles de droit et
l'école militaire sont créées, alors que de nombreuses
spécialités avaient été prévues. La loi du 10 mai 1806 décrète
qu'" il sera formé, sous le nom d'Université impériale, un
corps chargé exclusivement de l'enseignement et de l'éducation
publics dans tout l'Empire ". Tous les établissements
scolaires et tous les enseignants, à l'exception des maîtres
d'école, qui ne sont pas intégrés dans la hiérarchie
universitaire, sont réunis dans l'Université sous l'autorité
de l'Empereur. L'enseignement primaire est négligé, bien que
la création d'écoles normales d'instituteurs ait été prévue
(une seule sera fondée, à Strasbourg, en 1811). Les jeunes
filles sont exclues des établissements gérés par l'État.
Les facultés enseignent respectivement la théologie catholique
et protestante, le droit, la médecine, les lettres et les
sciences ; les deux dernières, nouvellement créées (elles
n'existaient pas au Moyen Âge), sont rattachées à des lycées.
À propos de la politique scolaire impériale, Louis Liard
pourra dire : " La Révolution avait envisagé l'enseignement
public comme un devoir de l'État envers les citoyens ;
Napoléon voit avant tout l'intérêt de l'État et celui du
souverain. "
Un enseignement primaire pour tous
Jules Ferry (1832-1893), Paul Bert (1833-1886) et Ferdinand
Buisson (1841-1932) vont s'attacher à organiser un
enseignement primaire gratuit, obligatoire et laïque, dans le
double souci de répandre les valeurs démocratiques et
d'assurer la stabilité sociale. Il s'agit d'abord de rompre
avec la tradition, qui envisage l'éducation élémentaire comme
une œuvre de charité et qui prétend que la généralisation de
l'instruction ne peut être qu'une source de troubles. Il
s'agit ensuite de faire de l'enseignement primaire la base
d'un système d'enseignement unifié et conduisant "
naturellement " à l'enseignement secondaire. Dès lors,
l'enseignement primaire devient fondamental. Les lois des
années 1880 présentent une cohérence interne : la gratuité
induit l'obligation, qui a pour condition la laïcité. La
gratuité ne sera appliquée à l'enseignement secondaire que
dans les années 1930-1933. L'instruction obligatoire pour les
enfants de 6 à 13 ans et la laïcisation des programmes ont été
instaurées par la loi du 21 mars 1882. L'éducation religieuse
est remplacée par l'instruction civique et morale.
Le système d'enseignement contemporain en France
L'enseignement public français est organisé sur la base des
principes de la laïcité, de l'instruction obligatoire jusqu'à
seize ans, et de la gratuité du service public.
La loi d'orientation de juillet 1989, complétée par la loi de
programmation du " Nouveau contrat pour l'école " votée au
Parlement en juillet 1995, a défini les objectifs et les
règles de fonctionnement du système d'enseignement. Il s'agit
de " permettre à chacun de développer sa personnalité,
d'élever son niveau de formation initiale et continue, de
s'insérer dans la vie sociale et professionnelle, d'exercer sa
citoyenneté. L'acquisition d'une culture générale et d'une
qualification reconnue est assurée à tous les jeunes, quelle
que soit leur origine sociale, culturelle ou géographique "
(article 1 de la loi d'orientation de juillet 1989).
Organisation de la scolarité
La scolarité en France s'organise selon cinq niveaux
d'enseignement : école maternelle, école élémentaire, collège,
lycée, enseignement supérieur.
Écoles maternelle et élémentaire
La scolarité de l'école maternelle et de l'école élémentaire
est organisée en trois cycles :
le premier cycle, dit " cycle des apprentissages premiers ", a
lieu à l'école maternelle (petite section, moyenne section,
grande section) ;
le deuxième cycle, dit " cycle des apprentissages fondamentaux
", est engagé dans la grande section de l'école maternelle et
se continue lors des deux premières années de l'école
élémentaire (cours préparatoire, cours élémentaire 1) ;
le troisième cycle, dit " cycle des approfondissements ",
s'étale sur les trois dernières années de l'école élémentaire
(cours élémentaire 2, cours moyen 1 et cours moyen 2) et
débouche sur les années d'étude au collège.
L'enseignement élémentaire comprend vingt-quatre heures
hebdomadaires de cours et deux heures d'études dirigées. Le
contenu des programmes a été redéfini en 1995 pour accorder
une large place à l'apprentissage de la lecture et à la
production d'écrits, alléger le programme des mathématiques et
introduire l'enseignement des langues vivantes " à titre
expérimental et sur la base du volontariat ". L'éducation
civique est enseignée dès le deuxième cycle, tandis que
l'enseignement de l'histoire-géographie ne commence qu'au
troisième cycle.
Le collège
Le collège accueille tous les élèves qui sortent de l'école
primaire, à l'exception des enfants étrangers récemment
arrivés en France, qui sont pris en charge par les Centres
d'études pour la formation et l'information sur la
scolarisation des enfants de migrants (CEFISEM), et à
l'exception des jeunes handicapés, qui sont intégrés dans
diverses structures spécialisées (classes de perfectionnement,
lycées d'enseignement adapté, instituts médico-pédagogiques).
Depuis 1982, des zones d'éducation prioritaire (ZEP) ont été
mises en place. Chacune d'entre elles regroupe les
établissements scolaires d'une zone dont le secteur de
recrutement est caractérisé par des difficultés
socio-économiques. Ces zones bénéficient de moyens financiers
et pédagogiques renforcés. En 1995, elles concernaient 1 300
000 élèves et 6 176 établissements.
Le " Nouveau contrat pour l'école " a réorganisé les études au
collège : la réforme a été mise en place dans 368 collèges
sélectionnés, depuis la rentrée 1994 pour la 6e jusqu'à la
rentrée 1997 pour la 3e, et elle le sera pour tous en 1998.
Selon cette réforme, la scolarité du collège comprend trois
cycles : la 6e propose un cycle d'observation et d'adaptation
à l'enseignement secondaire (une évaluation est établie en
français et en mathématiques ; un dispositif de consolidation
est mis en place pour offrir aux élèves en difficulté la
possibilité d'une remise à niveau individualisée) ; la 5e et
la 4e constituent un cycle d'approfondissement (les élèves de
5e peuvent choisir en option le latin ou un enseignement
approfondi des sciences expérimentales ou de la technologie) ;
la 3e fonctionne comme un cycle d'orientation préparant aux
enseignements généraux, technologiques ou professionnels des
lycées. À l'issue de la 3e, un diplôme national sanctionne les
études : le brevet des collèges. Il est décerné par un jury
départemental selon les résultats obtenus en 4e et en 3e, et à
l'issue de trois épreuves écrites (français, mathématiques et
histoire-géographie).
À la fin de la 5e (30 % des cas) ou de la 3e (25 % des cas),
certains élèves s'orientent vers l'apprentissage. Ils entrent
dans un centre de formation d'apprentis (CFA), privé ou
public, financé par la taxe d'apprentissage (impôt
proportionnel à la masse salariale de l'entreprise), et
reçoivent une formation en alternance : une semaine de
formation générale et trois semaines en entreprise, où ils
bénéficient d'un contrat de travail et d'une rémunération (80
% des apprentis sont dans des entreprises de moins de 10
salariés).
En 1993, 230 000 élèves étaient en apprentissage, massivement
dans des CFA privés, alors qu'il y avait 300 000 apprentis en
1960. Leur nombre est beaucoup plus faible qu'en Suisse, en
Allemagne ou au Japon. Les apprentis préparent essentiellement
un CAP (certificat d'aptitude professionnelle), mais 5 200
d'entre eux préparent un BEP (brevet d'études
professionnelles), 7 000 un baccalauréat professionnel et 850
un BTS (brevet de technicien supérieur).
Le lycée
La rénovation des études au lycée a été engagée en 1992 par
l'introduction de modules en seconde et première ainsi que par
la réforme du baccalauréat. La scolarité des lycéens se
déroule selon deux cycles : un cycle de détermination
(seconde) et un cycle terminal (première et terminale). Il y a
deux types de lycées : le lycée professionnel (LP,
anciennement lycée d'enseignement professionnel, LEP) et le
lycée d'enseignement général et technologique (LEGT).
Le LP accueille des élèves de 3e et les prépare en deux ans à
un CAP ou à un BEP, selon une formation en alternance.
L'obtention d'un BEP ou d'un CAP permet à l'élève de préparer
en deux ans un baccalauréat professionnel (filière créé en
1986) ou un baccalauréat technologique, en deux ans également,
en passant par une première d'adaptation puis par une
terminale technologique (sciences et technologies
industrielles ou sciences et technologies tertiaires).
Le LEGT comprend une seconde générale et technologique dont
l'enseignement est commun à tous les élèves : français,
mathématiques, physique-chimie, biologie-géologie, langue
vivante 1, histoire-géographie, éducation physique et
sportive, réparti en vingt-trois heures et demie hebdomadaires
(vingt-quatre heures et demie si la biologie-géologie est
remplacée par la technologie des systèmes automatisés en vue
d'une orientation technologique), et trois heures de modules
(en français, mathématiques, histoire-géographie, langue
vivante 1). Les modules, qui regroupent des élèves en nombre
réduit, sont destinés à leur apporter une aide individualisée,
diagnostiquée grâce à l'évaluation à laquelle sont soumis tous
les élèves entrant en seconde. L'élève doit choisir deux
options parmi celles qui lui sont proposées en fonction de son
orientation future. La première et la terminale offrent la
possibilité de trois voies générales : littéraire (L),
économique et sociale (ES), scientifique (S), et de quatre
voies technologiques : sciences et technologies industrielles
(STI), sciences et technologies de laboratoire (STL), sciences
et technologies tertiaires (STT), sciences et techniques
médico-sociales (STMS). Ces deux dernières classes ont pour
finalité l'obtention du baccalauréat.
Le baccalauréat
Il constitue le premier diplôme et le premier grade
universitaires. C'est pourquoi il autorise une inscription en
université. L'épreuve de français anticipée, à la fois écrite
et orale, se passe à la fin de la première. L'examen en fin de
terminale comporte des épreuves obligatoires et des épreuves
facultatives, des épreuves écrites et des épreuves orales,
ainsi que des options facultatives pour lesquelles ne sont
comptabilisés que les points au-dessus de la moyenne. Créé en
1808, le baccalauréat s'est diversifié au niveau des
baccalauréats généraux, tandis qu'étaient créés des
baccalauréats technologiques et professionnels. En 1995, pour
tous les baccalauréats et pour 665 788 candidats, le taux de
réussite était de 75,9 %. Les reçus représentaient 63 % d'une
classe d'âge, contre 58,9 % en 1994 et 28,1 % en 1983.
Cependant, il faut noter que les bacheliers en activité ne
représentent que 21,8 % de la population active. La
répartition des inscrits aux différents baccalauréats en 1995
était la suivante : 58,5 % aux baccalauréats généraux, 27,7 %
aux baccalauréats technologiques et 13,8 % aux baccalauréats
professionnels.
L'enseignement supérieur
Les lycées assurent un enseignement post-baccalauréat avec les
sections de techniciens supérieurs (STS), qui préparent en
deux ans au brevet de technicien supérieur et connaissent un
grand afflux d'élèves, et les classes préparatoires aux
grandes écoles (CPGE) scientifiques, littéraires, commerciales
et technologiques, qui préparent en deux ans aux concours des
grandes écoles et recrutent sur dossier scolaire.
Des groupements d'établissements (GRETA) assurent une
formation continue pour adultes depuis 1974, délivrant des
diplômes allant du CAP au BTS. L'obtention du baccalauréat
permet de s'inscrire dans l'enseignement supérieur : les
universités et les instituts universitaires de technologie
(IUT).
Les IUT, créés en 1966 au sein des universités, assurent une
formation de technicien supérieur moins spécialisée que celle
des BTS. Le contenu des formations est revu constamment en
fonction des évolutions technologiques et socio-économiques.
L'admission des étudiants bacheliers se fait sur examen du
dossier et entretien, tandis que des non-bacheliers sont admis
sur examen spécial et dans la limite de 10 % des places
disponibles. Les deux années d'études sont sanctionnées par le
diplôme universitaire de technologie (DUT). Les formations
préparent aux carrières de l'information, sociales,
juridiques, de gestion, de biologie appliquée, de mesures
physiques... Les diplômés des IUT, ainsi que les titulaires de
BTS, peuvent, après trois ans d'activité professionnelle,
entrer dans une formation conduisant au diplôme d'ingénieur.
Les études universitaires longues sont, en général, organisées
en trois cycles : un premier cycle de formation générale et
d'orientation de deux ans (au maximum trois ans), sanctionné
par un diplôme d'études universitaires générales (DEUG) depuis
1973 ; un deuxième cycle d'approfondissement, de formation
générale, scientifique et technique de haut niveau, sanctionné
par une licence (DEUG + un an) et une maîtrise (licence + un
an) - il y a des maîtrises à finalité professionnelle qui
peuvent conduire au titre d'ingénieur ou au magistère ; un
troisième cycle de haute spécialisation et de formation à la
recherche, sanctionné soit par un diplôme d'études supérieures
spécialisées (DESS) à finalité professionnelle, soit par un
diplôme d'études approfondies (DEA) menant en deux ou quatre
ans au doctorat.
Les études de médecine, de pharmacie et de chirurgie dentaire
sont organisées de manière spécifique.
Il faut ajouter qu'un enseignement à distance
(télé-enseignement universitaire) est organisé par certaines
universités et est offert aux étudiants qui sont désireux de
préparer un diplôme national tout en étant incapables de
suivre les cours pour des raisons de force majeure. Un tel
enseignement s'adresse à un public plus large, qui inclut
adultes et auditeurs libres. Le Centre national d'enseignement
à distance (CNED) prépare également au baccalauréat et à des
concours de la fonction publique. Certains centres
universitaires assurent une formation continue, tandis que le
Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et ses
centres régionaux accueillent gratuitement des auditeurs
salariés dans des cours du soir. Enfin, il existe des
universités du 3eâge.
Les enjeux de l'enseignement
Le système scolaire et universitaire est désormais ouvert au
plus grand nombre, ce qu'on ne saurait confondre cependant
avec une démocratisation réussie. Tous les responsables de
l'enseignement assurent en effet que cette démocratisation est
devenue l'enjeu essentiel.
En même temps qu'évoluaient les effectifs des élèves et des
étudiants, la notion d'échec scolaire s'est imposée dans les
débats sur l'enseignement. Tant que le système était cloisonné
et hiérarchisé, l'organisation scolaire était clairement
perçue comme reproduisant les divisions sociales. Dans un
système ouvert à tous, dont les critères de sélection sont
moins nettement définis, ce qui était intériorisé comme un
destin social est maintenant vécu comme un échec personnel.
Un autre défi doit être relevé par le système de
l'enseignement, celui de son adaptation au système de la
production. Cette demande lui est adressée de manière d'autant
plus pressante que le taux de chômage est élevé : à côté du
traitement économique et social du chômage, on attend beaucoup
de son traitement scolaire. S'il est clair que l'enseignement
ne peut ignorer sa finalité professionnelle, il ne saurait en
tenir compte par une adaptation mécanique aux attentes du
marché du travail. La mission de l'enseignement est d'assurer
la formation, avant tout intellectuelle, du plus grand nombre
|
Les écoles maternelles et primaires du
Nord Pas de Calais
Les collèges du Nord Pas de Calais
Les lycées du Nord Pas de Calais
Les lycées d'enseignement professionnel du
Nord Pas de Calais
Les universités du Nord Pas de Calais
Les instituts universitaire de technologie
du Nord Pas de Calais
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