
Le Nord Pas-de-Calais
Informations
pratiques de la région Nord Pas-de-Calais
Site non officiel de la région Nord Pas-de-Calais.
Informations à voir et à savoir:
Le picard
est une langue proche du français ; c'est donc une langue
romane. Il est parlé
en France dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie, et dans l'ouest de
la
Wallonie (Belgique).
Dans la
région Picardie, on parle de picard, alors qu'on emploie
plutôt les sobriquets
ch'ti, ch'timi dans le Nord-Pas-de-Calais (et Rouchi dans la
région de
Valenciennes) même si les Nordistes parlent simplement de
patois. Les
linguistes emploient uniquement la désignation de picard. En
effet, qu'on
l'appelle patois, picard ou « ch'ti », il s'agit de
la même langue, et les
variétés qui sont parlées en Picardie
et dans le Nord-Pas-de-Calais sont assez
largement inter compréhensibles
Le patois
du Nord Pas-de-Calais
Reconnaissance

La
Communauté Française de Belgique a reconnu
officiellement le picard comme
langue régionale à part entière, aux
côtés du wallon, du gaumais (lorrain), du
champenois et du francique (décret de 1990).
Il n'en va
pas de même de l'état français qui n'a
pas encore franchi ce pas (conformément
à sa politique d'unité linguistique, qui ne
reconnaît que la langue officielle
sur le territoire national), bien que certains rapports aient reconnu
le picard
comme une langue séparée du français.
Voici
à ce
sujet un extrait du rapport du Professeur Bernard Cerquiglini,
directeur de
l'Institut national de la langue française (branche du CNRS)
au Ministre
français de l'éducation nationale, de la
recherche et de la technologie ainsi
qu'à la Ministre française de la culture et de la
communication sur les langues
de la France (avril 1999) :
L'écart
n'a
cessé de se creuser entre le français et les
variétés de la langue d'oïl, que
l'on ne saurait considérer aujourd'hui comme des «
dialectes du français » ;
franc-comtois, wallon, picard, normand, gallo, poitevin-saintongeais,
bourguignon-morvandiau, lorrain doivent être retenus parmi
les langues
régionales de la France ; on les qualifiera dès
lors de « langues d'oïl », en
les rangeant dans la liste [des langues régionales de la
France].
Le picard
bénéficie néanmoins, comme toutes les
autres langues de France, des actions
menées par la Délégation
Générale à la Langue
Française et aux Langues de
France du Ministère de la Culture.
Origine et
variation dialectale
Le picard
fait partie des langues d'oïl (comme le français)
et appartient à la famille
des langues gallo-romanes. Il s'agit d'un ensemble de
variétés utilisées à
l'écrit (scriptae) dans le Nord de la France dès
avant l'an 1000 (le Sud de la
France utilisait alors plutôt les langues d'oc, ou occitan).
C'est d'ailleurs
souvent aux langues d'oïl que l'on fait
référence lorsque l'on parle d'ancien
français.
Le picard
est phonétiquement assez bien
différencié des langues d'oïl centrales,
qui
donneront naissance au français ; parmi les traits les plus
remarquables, on
peut noter une évolution moins marquée en picard
des phénomènes de
palatalisation, qui frappent dans les langues d'oïl /k/ ou /g/
devant /y/ (son
initial de yacht), /i/ et /e/ toniques, ainsi que devant /a/ et /ɔ/ (/o/ ouvert
de porte) toniques
pour l'ancien français central mais pas le picard :
picard keval
~ ancien français cheval (prononcé tcheval), de
*kábal (latin vulgaire
cáballus) : maintien du /k/ originel en picard devant /a/ et
/ɔ/ toniques ;
picard
gambe ~ ancien français jambe (prononcé djambe),
de *gámbe (latin vulgaire
gámba) : absence de palatalisation de /g/ en picard devant
/a/ et /ɔ/ toniques ;
picard kief
~ ancien français chef, de *káf (latin
cáput) : palatalisation moins importante
du /k/ en picard ;
picard
cherf (prononcé tcherf) ~ ancien français cerf
(prononcé tserf), de *kárf
(latin cérvus) : palatalisation simple en picard,
palatalisation puis
assibilation en ancien français.
On peut
résumer ces effets de palatalisation ainsi :
/k/ + /y/,
/i/ ou /e/ (toniques) : picard /ʧ/
(prononcé tch et noté par ch) ~
ancien français /ts/ (noté par c) ;
/k/ et /g/
+ /a/ ou /ɔ/ toniques :
picard /k/ et /g/ ~ ancien français /ʧ/
(noté ch) et /ʤ/
(prononcé dj comme dans djebel et
noté par j).
Ainsi, l'on
en arrive à des oppositions frappantes, telles que picard
cachier (prononcé
catchier) ~ ancien français chacier (prononcé
tchatsier, lequel deviendra plus
tard chasser, forme du français moderne).
Du fait de
la proximité du Nord et de la région parisienne,
le français, c'est-à-dire
principalement l'ensemble de langues parlées autour de
Paris, influencèrent
beaucoup le picard. De cette proximité entre le picard et le
français vient
d'ailleurs la difficulté à le
reconnaître comme une langue à part
plutôt que
comme « une déformation du Français
», comme on le pense souvent.
Le picard
se manifeste comme un ensemble de variétés,
extrêmement proches cependant. Un
énumération précise reste difficile en
l'absence d'études spécifiques sur la
variation dialectale, mais on peut probablement distinguer
provisoirement les
principales variétés suivantes :
Amiénois, Vimeu-Ponthieu, Vermandois,
Thiérache, Beauvaisis, « chtimi »
(Bassin Minier, Lille), variétés
circum-lilloises (Roubaix, Tourcoing, Mouscron, Comines), «
rouchi »
(Valenciennois) et Tournaisis, Borain, Artésien rural,
Boulonnais. Ces variétés
se définissent par des traits phonétiques,
morphologiques ou lexicaux
spécifiques, et parfois par une tradition
littéraire particulière.
différences
picard du sud/du nord
On peut en
gros voir deux grandes régions où sont
parlées les 2 variétés de picard les
plus connues: le nord-pas-de-calais avec son bassin minier, et la
Somme, plus
précisément dans l'Amiénois. On
remarque surtout plusieurs différences
régulières
et frappantes entre les deux types de parlers, ainsi :
Oé/O:
Sud:
J'étoé; Nord: J'éto
(J'étais)
Ieu/Ieau:
Sud: Catieu; Nord: Catieau (Château)
Tch/K: Sud:
Tchien; Nord: Kien (Chien)
O/A: Sud:
Co; Nord: Ca (chat)
Oin/On:
Sud: Boin; Nord: Bon (Bon)
Quelques
mots et expressions
De nombreux
mots patois sont très proches du français mais un
grand nombre de mots lui sont
totalement spécifiques, principalement des mots du jargon
minier.
Voici
quelques expressions typiques du Nord :
Mi à
quatre
heures, j'archine eune bonne tartine.
Moi
à
quatre heures, je mange une bonne tartine.
Quind un
Ch'ti mi i'est'à l'agonie, savez vous bin che qui li rind la
vie ? I bot un
d'mi. (Les Capenoules)
Quand un
Nordiste est à l'agonie, savez-vous ce qui lui rend la vie ?
Il boit une bière.
Chuque :
sucre, bonbon
Pindant
l'briquet un galibot composot, assis sur un bos,
L'air
d'eune musique qu'i sifflotot
Ch'étot
tellemint bin fabriqué, qu'les mineurs lâchant
leurs briquets
Comminssotent
à's'mette à'l'danser (Edmond Tanière -
La polka du mineur)
Pendant le
casse-croûte un jeune mineur composa, assis sur un bout de
bois
L'air d'une
musique qu'il sifflota
C'était
tellement bien fait que les mineurs lâchant leurs
casse-croûte
Commencèrent
à le danser.
Brayou :
pleurnichard
I'n'faut
pas qu'ches glaines is cantent pus fort que'ch'co.
Il ne faut
pas que les poules chantent plus fort que le coq. (remarque : cette
maxime ne
parle pas vraiment des gallinacés, poules et coq
étant mis ici pour parler des
femmes et des hommes)
Moqueu
d'gins : railleur, persifleur (qui se moque des gens)
Ramaseu
d'sous: personne âpre au gain
S'empierger
: Se prendre les pieds dans quelque chose
L'usage du
picard
Le picard
n'est pas enseigné à l'école
(en-dehors de quelques initiatives ponctuelles et
isolées) et n'est parlé qu'entre amis ou en
famille. Il fait néanmoins l'objet
d'études et de recherches dans les Universités de
Lille et d'Amiens. Le
déplacement des personnes étant de nos jours bien
différent de ce qu'il était autrefois,
les différentes variétés du picard
tendent à s'uniformiser. Dans sa pratique
quotidienne, le picard tend à perdre de son
identité en se confondant avec le
français régional. D'ailleurs, de nos jours, si
la plupart des Nordistes
peuvent comprendre le picard, de moins en moins sont capables de le
parler et
ceux pour qui le picard est la langue maternelle sont de plus en plus
rares.
Cependant, le picard est loin d'être mort et constitue un élément encore important et vivant de la vie quotidienne et du folklore de cette région
Le picard
à
l'écrit
Le picard
est maintenant avant tout une langue exclusivement parlée.
Ce n'a pas été le
cas à l'origine : la période
médiévale puis celle correspondant au moyen
français, en effet, sont riches de textes
littéraires en picard ; celui-ci,
cependant, n'a pas su s'imposer face à la langue
littéraire interrégionale
qu'était devenu le français et s'est peu
à peu réduit au statut de « langue
régionale ».
On trouve
une littérature picarde récente qui date surtout
des deux derniers siècles, qui
ont vu naître partout en France les affirmations identitaires
régionales en
réponse au modèle républicain
centralisé issu de la Révolution. Aussi le picard
écrit n'est-il que la retranscription de l'oral. Pour cette
raison, on trouve
souvent plusieurs orthographes (de la même manière
que pour le français avant
que celui-ci ne soit normalisé). L'une des orthographes
s'inspire directement
des mots français. Elle est sans doute la plus simple
à comprendre mais elle
est aussi sans doute à l'origine de l'idée selon
laquelle le picard n'est
qu'une déformation du français. Diverses
réflexions orthographiques ont été
menées depuis les années 1960 pour pallier cet
inconvénient, et donner au
picard une identité visuelle distincte du
français. Il existe actuellement un
certain consensus, au moins parmi les universitaires, autour de la
graphie dite
Feller-Carton (adaptation au picard, par le professeur Fernand Carton,
de
l'orthographe du wallon mise au point par Jules Feller).
Abrandoule
: mal dégourdi
Acater :
acheter. «acate à mi, t’iras au Paradis
!»
Acoufter :
recouvrir : terme minier
Agache :
pie
Agosil :
imbécile (à rapprocher de l’espagnol:
alguazil)
Alambique :
cafetière
Alloter ou
hochenner : secouer, balancer
Amiteux :
qui a de l’amitié
Angouche
:douleur
Arquinquer
: redresser, revigorer
Assir :
asseoir (assit’ : à rapprocher de
l’anglais: to sit)
Attarger :
retarder (certains estaminets s’appelaient « la
Targette »)
Bager :
embrasser
Bardalée
:
dîner de baptême
Barrou :
berline vide (terme minier, à rapprocher de
l’anglais :barrow)
Bénache
:
content (littéralement ; bien aise)
Bistoule :
mélange de café de sucre et d’alcool
Bouque :
bouche «ferme et’ bouque, tin nez i va querre
ed’ dins» (à rapprocher du latin
bucca)
Brader (ou
brichoder) : gâcher.
Braire :
pleurer « …qui d’pis tros quart
d’heure ,n’faijot que d’braire
» (L’Petit
Quinquin)
Briquet :
désigne la pause au fond de la mine et par extension le
casse-croûte du mineur
(à rapprocher de l’anglais :break)
Buquer :
frapper
Cacher :
chercher ( l’ cache à loques)
Caracole :
escargot (à rapprocher de l’espagnol: caracoles)
Caielle :
une chaise
Chuc :
sucre .«du chuc à gogo,si t’es sache et
qu’té fais dodo » - L’petit
Quinquin.
(à rapprocher de l’anglais: sugar)
Débouliquer
: Réduire en purée
S’débouser
: se désoler
Dégoter
:
surpasser «et in n’ pourra jamais
dégoter les gars du Nord…»
Dénorter
:
faire changer d’avis
Dépioter
:
Enlever la peau du lapin
Dringuelle
: pourboire (à rapprocher de la langue germanique : drink:
boire et gelt:
argent)
Ducasse :
fête du village (à rapprocher de
dédicace)
Eberzier :
réduire en miettes
Escoupe :
pelle de mineur (à rapprocher de l’anglais : a
scoop)
Fermer el
Quinquet : éteindre la Lampe
Fouan :
taupe (à rapprocher de fouir : bêcher)
Gaïolle
:
cage (à rapprocher de l’anglais gaol :prison ,ou
du goal dans sa cage en
football)
Galibot :
jeune ouvrier mineur (12 ans en 1900 !)
Harnaiquer
: habiller (à rapprocher du harnais du cheval)
Huche :
porte (à rapprocher de l’huis en vieux
français)
Indever ou
dintier : faire enrager
Langreux :
malingre
Leu : loup
(à rapprocher de lieux-dits :canteleu, l’leu pindu
..)
Loque :
chiffon ou vieil habit
Losse :
paresseux (à rapprocher de l’allemand : die loss
:pou) on dit: fainéant comme
un pou
Maguette :
chèvre (à rapprocher de l’anglais :goat)
Manicraque
: n’importe quel objet qui se tourne à la main
(crin-crin, moulin à café..)
Maronne :
pantalon, culotte
Mier :
manger (voir : les miettes)
Mitan :
moitié
Mouque :
mouche (à rapprocher du latin : musca)
Mucher :
cacher (à rapprocher des souterrains appelés
muches)
Naqu’
cieux
: (ou glou-bec) difficile au repas
Ouvrer :
travailler
Païelle
:
poêle (à rapprocher de l’espagnol :
paëlla)
Pichon :
poisson
Pluquer :
manger sans appétit (à rapprocher de
l’anglais : to pluck)
Pourcheau :
cochon «In n’ nourrit point un pourcheau
à l’ieau claire»
Querpion :
trottoir (à rapprocher de l’anglais : kerb)
Ramintuver
: remettre en mémoire
Ramon :
balai (des ramons d’boule : faits avec des rameaux de bouleau)
Raviser :
regarder (ou arwettier à Lille ou Valenciennes, ou arguetter
à Boulogne)
Rimée
:
gelée blanche (à rapprocher de
l’anglais: to rime)
Sauret :
hareng saur
Séquoi
:
chose quelconque ( on ne sait quoi)
Séquir
(ou
réchuer ) : sécher
Souglou :
hoquet
Torgnole
(ou tatoule ) : gifle
Timpe : de
bonne heure (à rapprocher du latin: tempore)
Toudis :
toujours ( à rapprocher du latin :dies :jour) Lundi : jour
de la lune
Vaque :
vache ( à rapprocher du latin :vacca)
Wassingue :
serpillière (à rapprocher de l'anglais : washing
Sinliche :
Produit nettoyant qu'on utilise avec la wassingue - vient d une marque
de savon
qui a eu cours apres la guerre, qui s'appelait SUNLIGHT. Qu'est-ce
qu'on lave
avec la wassingue et le sinliche, c'est "l'a-terre"... le sol !
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Histoires de Cafougnette
Dans la région Nord-Pas-de-Calais, le héros des
histoires drôles s'appelle en général Cafougnette. C'est Jules Mousseron, poète
et mineur à Denain (près de Valenciennes 59), qui a créé ce personnage. Après sa
mort, en 1943, les gens de la région ont intégré le personnage de Cafougnette
dans leur folklore.
- Alors Cafougnette ! J'ai chu que t'femme cha n'allot pas tros fort ! Commint qu'all'va ?
Et Cafougnette, montrant le corbillard :
- Comme té vos... Tout duch'mint !
Cafougnette rentre chez lui avec deux pneuds de voiture. Sa femme lui dit :
- T'es pas malate ! A quo qu'cha sert d'rapporter des pneus à l'mason ! In n'a même pas d'carette !
- Et alors ? Ti t'as bin un soutien-gorche !! Cafougnette est victive d'un éboulement au fond de la mine : il est prisonnier dans une galerie avec un camarade.
- Té connos inne prière, ti ?
- Nan, j'n'in connos point !
Cafougnette insiste :
- T'allos pas à l'égliche pou t'communion ?
- Nan !
- Té n'vos pas qu'in va mourir ichi ! Faudrot faire quett'cosse ed'religieux, comme in fait à l'égliche !
- J'ai inne idée... in va faire inne quête ! Cafougnette marche dins'ch'désert in portant inne portière ed'carrette. I rinconte inne troupe ed'légionnaire qui li d'minde:
- Pourquoi avoir une portière si loin dans le désert ?
Cafougnette répond:
- Comme cha, quand j'ai caud, i'm'suffit ed'baicher ch'carreau pou avoir d'lair ! Cafougnette travaille au fond de la mine. Il doit transporter sur le chantier des bois de soutènement.
Le porion l'interpelle :
- Hé là, ti ! Commint qu'cha s'fait qu'té portes seul'mint un bos à l'fos ?
Tes comarates, i n'in portent deux à chaque cop !
- Ouais, mais eusses, i sont trop fates pour faire deux voïaches comme mi ! Cafougnette est en train de sculter une statue de Sainte-Barbe.
Un de ses camarades d'approche et le regarde faire. - Ch'est du boulot, hein !
- Mais nan, innochint, ch'est du quêne ! C'est une institutrice qui est envoyée dans une école dans laquelle les enfants ont un langage patois prononcé.
L'institutrice commence :
- Bon, les enfants, vous allez me dire ce que vous avez eu comme cadeau de Noël.
Un premier enfant lève la main et dit :
- Mi, à Noël, j'ai eu inne poupée qui piche et qui cante
- On ne dit pas cela comme ça, dit l'institutrice. On dit : "Moi , à Noël, j'ai eu une poupée qui fait pipi et qui chante".
Un autre enfant lève la main et dit :
- Mi, à Noël, j'ai eu inne carette qui fonche à toute berzing
- On ne dit pas cela comme ça, dit l'institutrice. On dit : "Moi , à Noël, j'ai eu une voiture qui roule à toute allure".
Un troisième lève la main et dit:
- Mi, à Noël, j'ai eu in vélo
- C'est très bien, dit l'institutrice, et un beau ?
- Nin, in fer
On raconte des histoires drôles entre voisins et
madame Cafougnette dit :
- Mi, o'z' avez bieau faire, quand in raconte des
histoires, j'arrife jamais à les arténir !
Un voisin affirme :
- Mi,
j'sais pourquoi : cha rinte dins eun'orelle et ch'arsort par l'aute !
Et
Cafougnette rajoute :
- Ch'est parc'qu'y a rien intre deux pour les arténir
!
Le petit Cafougnette discute avec un copain dans
la cour de l'école.
- T'as d'mindé quoi, ti, à ch'Père Noël ?
- Mi, j'ai
d'mindé un train électrique, et ti ?
- Mi, j'ai d'mindé des tampax !
-
Quo qu'ch'est qu'cha ?
- J'n'in sais rien ! Mais avec, té peux faire du
vélo, du bidet, de l'gym et pis nager à l'piscine !
Cafougnette discute au bistrot :
- Mi, je
m'rappelle d'min catéchime avec monsieur l'curé !
El'premier jour, Diu i a
fait el'Terre
El'deuxième, i a fait ches montagnes et l'mer
El'trosième,
i a fait ches fleurs et ches fruits
El'quatrième, i a fait ches bêtes
El'chinquième, i a fait ch'l'homme
Ch'est seul'mint l'sixième jour qu'i
a fait l'femme !
Ch'est là qu'in vot qu'i étot vraimint mate !
Cafougnette se rend au commissariat et déclare :
- Monsieur l'commissaire, em'femme all' a disparu !
- Depuis combien de
temps ?
- Cha va bétôt faire un an !
- Et c'est seulement maintenant que
vous venez signaler sa disparition ?
- Bin, j'osos pas l'croire !
Cafougnette rencontre un camarade.
- Cha va,
Cafougnette ?
- Bof ! J'ai interré m'belle-mère el'semaine passée !
- Ah
bon ! Quo qu'all' avot ?
- Pas grand cosse ! Chinq caïelles, inne tape, inne
gard'robe et pis gramint ed'fouffes !
Madame Cafougnette vient d'avoir son permis.
Elle s'engage à contre-sens sur l'autoroute.
- Mais i sont maboules
ed'rouler si vite ! Et i n'savent pas rouler à droite, binde ed-niqu'doules !
Finalement, elle se fait intercepter par la police.
- ej'm'in doutos
qu'j'allos vous vir ! I m'faijottent tertous des appels ed'phares !
Cafougnette rencontre un camarade.
- Alors
Cafougnette, t'as trouvé d'l'ouvrache ?
- Ouais, mais ch'est terripe ! Faut
s'léver à quatre heures ! Faut déchinde à six chints mètes ! Faut ouvrer al
caleur ! Faut supporter ch'porion qui est toudis sus tin dos ! T'as vingt
minutes pour minger ! T'as pas l'drot ed't'arrêter ! Et quand qu't'armontes,
t'es tellmint mate que té t'laiches querre comme inne mouque jusqu'à c'que
ch'revel i sonne à tros heures du matin !
- Mais ch'est terripe
ed'l'ouvrache parel ! Et té fais cha ed'pis quand ?
- Ed'pis... d'main matin
!
Madame Cafougnette va chez le médecin toutes les
semaines .
- Docteur, j'cros qu'min coeur i bat trop vite ! Docteur, j'cros
qu'mes boïaux i sont loïés ! Docteur, j'cros que j'vas pas passer l'hiver !
A chaque fois, le médecin la rassure. Puis il ne la voit plus pendant six
mois.
Un jour, elle réapparaît dans son cabinet.
-Ah ! Ch'a fait
longtimps que je ne vous avais pas vue !
- J'n'ai pas pu v'nir ! J'ai été
malate !!
Cafougnette demande au médecin :
- Alors
Docteur ? Vos croyez que j'dos m'faire opérer ?
- Ouais, mais ch'est pas
grafe ! Ch'n'est qu'inne tiote opération !
- Ouais, mais ch'est toudis
imbêtint !
- Acoutez ! Chi vous voulez, vous n'avez qu'à printe un deuxième
avis médical !
- Ch'est cha ! J'arviens d'main Docteur !!
Cafougnette s'est perdu dans les bois. Il voit
une petit cabane et il frappe à la porte :
- Y'a quéqu'un ?
- Ouais !
répond un enfant.
- Tin père i est là ?
- Nan ! I est parti y'a un quart
d'heure !
- Et t'mère, all'est là ?
- Nan, all'est partie d'ichi au
momint qu'j'arrivos !
- Mais que famille ! O'n'êtes jamais insempe, alors ?
- Nan ! Ichi, ch'est ches cabinets !
Cafougnette, in promenade, vot sin comarate
sincier à joujouque in train ed'traire inne vaque. Il n'arrête pas de se masser
el'dos telmint qu'il a maux à ses reins.
Cafougnette li dit :
- T'es
devros printe inne caïelle pour moins t'fatiguer !
Cafougnette continue
s'prom'nade et arvient inne heure après. I vot sin comarate toudis à joujouque :
- T'as pas essayé ed'printe inne caïelle ?
- Si, mais l'vaque all'n'veut
pas s'assir ed-ssus !
El'mère d'un tiot garchon est mécontinte :
-
T'es queu de tin biclo avec tin nouviau patalon ?
- Ben ouais... Excuse-me,
Man, j'n'ai pas eu l'timps d'l'inlever !
Cafougnette, au moment du briquet, déballe ses
tartines :
- Cor toudis du pâté et des cornichons ! j'n'ai pas querre cha !
Et il jette ses tartines dans une berline.
Le lendemain, au briquet :
- Cor des tartines et pis des cornichons ! Beurk !
Et il jette le tout
dans une berline.
Le lendemain, il jette directement son paquet sans
l'ouvrir. Son camarade lui dit :
-T'auros du raviser quand même ! P-ête que
t'femme al't'a mis aut'cosse que du pâté et des cornichons !
- Nan ! Je
l'sais qu'ch'est du pâté et pis des cornichons ! Ch'est mi qui les fait,... mes
tartines !
Cafougnette discute au comptoir :
-Que vie
qu'in mène, à ch't'heure ! Té t'rinds compte, ches Américains i z'ont marché sur
el'lune ! In invot des fusées sur Mars ! In va bétôt tertous partir in vacances
sur tous ches planètes ! Bétôt, cha s'ra sus l'solel !
- Mais nan,
innochint, sus l'solel, in n'peut point ! Té t'rinds pas compte de l'caleur qu'i
fait labos ?
- Ouais ! Mais y'a qu'à y aller dins l'nuit !
A l'école, l'instituteur demande au petit
Cafougnette d'aller au tableau pour corriger un problème :
- Ton père achète
10 litres de vin à 1,50 € le litre. Combien ça lui fait ?
- Oh, avec min
père, cha li fait 2 jours !